Figure familière de la campagne normande et notamment du Plateau de Caux, le colombier a fortement marqué l'architecture rurale du Moyen Âge jusqu'à la Révolution qui abolira le droit d'en posséder un.
En Normandie, on dit Colombier lorsque le pigeonnier est une tour. Sa possession était l'apanage d'un propriétaire de fief, un signe de pouvoir et de richesse, un privilège seigneurial, un droit féodal, ce qui explique la qualité architecturale des bâtiments. A l'écart d'une ferme, sur le côté d'un château, dans la cour masure du château ou du manoir, le colombier avait avant tout une fonction utilitaire et productive : les pigeons étaient très appréciés pour leur viande et la colombine était un excellent engrais.
Le colombier comprenait en général deux étages, le rez-de-chaussée servant de cave. La beauté de ces colombiers résidait d'abord dans leur forme essentiellement circulaire, plus rarement hexagonale ou octogonale mais surtout dans la richesse de leur décoration, le bardage extérieur étant le plus souvent une superbe mosaïque de couleurs.
Ils étaient de véritables oeuvres d'art, où les jeux combinés de la brique, du silex blanc ou noir et du grès avaient permis de réaliser des formes géométriques ou des frises superbes : damiers, losanges, bandeaux alternatifs.




















